(Critique) Hostel 3 à Las Vegas : le chapitre de trop ?
Cinq ans après Hostel, chapitre 2 (Hostel: Part II), le fleuron du torture-porn (avec Saw) Hostel s’offre un troisième volet en direct-to-vidéo avec Hostel, chapitre III (Hostel: Part III) (Lire ici notre article). Exit Quentin Tarantino et Eli Roth, place à Scott Spiegel à la réalisation. On lui doit entre autre le film Une nuit en enfer 2 : Le Prix du sang et les scénarios d’Evil Dead 2 de son ami Sam Raimi et du buddy-movie La Relève de Clint Eastwood. Malgré ses quelques faits d’armes, Scott Spiegel n’a pas le talent d’un Eli Roth et ce Hostel, chapitre III est indéniablement le moins bon de la trilogie. Hostel 3 : le chapitre de trop ?
Synopsis : A Las Vegas, pendant un enterrement de vie de garçon, quatre amis sont entraînés par deux femmes sexy qui les invitent à les rejoindre dans une soirée privée. Une fois sur place, ils sont horrifiés de constater qu’ils sont pris au piège au coeur d’un jeu de torture macabre des plus sadiques.
Hostel 3 commence mieux qu’il ne finit. A l’inverse d’une intro à la tournure inattendue, le twist final du film est à la fois grotesque, invraisemblable et moralement douteux. Si l’on devait mesurer la qualité d’un long-métrage à sa seule fin, ce Hostel 3 serait un très mauvais film. Si les deux premiers volets s’appuyaient sur de vieux fantasmes imaginaires en basant leur action en Europe de l’Est, Hostel 3 recontextualise son intrigue à Las Vegas. Grave erreur. Cette relocalisation de l’histoire aux Etats-Unis porte un coup fatal à l’ambiance du film, qui ne
retrouve jamais l’atmosphère malsaine et dérangeante des deux premiers volets. En envoyant de jeunes américains faire du « tourisme extrême » en Europe de l’Est, Hostel 1 et 2 jouaient sur l’éloignement géographique, l’étrangeté du lieu, la peur de l’autre (l’étranger) et la perte de repères liée à la barrière culturelle et linguistique, pour créer le malaise chez son public. Rien de tout cela dans Hostel 3. En exportant la franchise aux USA, qui plus est à Las Vegas, une des villes les plus connues au monde, la franchise Hostel s’est tirée une balle dans le pied.
Pire. Hostel 3 n’entretient pas de lien logique avec ses prédecesseurs et n’apporte rien de plus à la mythologie de la saga. Si les deux premiers films se complétaient habilement, Hostel 3 s’inscrit en marge. Dans Hostel 2, nous apprenions l’existence d’une organisation mondiale où ses membres, essentielements des super-riches, misaient leur fortune dans une vente aux enchères morbide pour « acheter » leurs futures proies. Un petit jeu sadique et cruel entre bourreaux et victimes d’un bout à l’autre du globe, orchestré avec malice et humour « très » noir par son réalisateur Eli Roth. Une critique gore et destroy du consumérisme éffréné dans le cadre de la mondialisation. Si message il y a dans Hostel 3, ce qui
reste à prouver, sa critique porterait davantage sur la société du spectacle et ses divertissements toujours plus extrêmes. Dorénavant, les éxécutions ont lieu dans un club de torture en présence du public, se livrant à des éclats de rires et à des applaudissements lors des meilleurs moments du « show« .
Les mises à mort de Hostel 3 remplissement le cahier des charges du genre. La séquence des cafards (joli plan d’intérieur de la victime accueillant dans son gosier des dizaines de cancrelats) et celle de la cyberpunk japonaise masquée, son postérieur filmé en plan serré, « jouant » au tir à l’arc avec sa proie, sont les plus réussies. Malgré son budget restreint, le film s’en sort plutôt honorablement dans son versant gore. Au final, Hostel 3 à Les Vegas, sorte de Very Bad Trip version gore, abaisse fortement le niveau de la saga Hostel, initiatrice avec Saw de la vague des torture porn au cinéma, et fait craindre le pire pour d’éventuelles suites à venir.
Hostel – chapitre III, réalisé Scott Spiegel est disponible à la vente en Blu-Ray et DVD chez Sony Pictures Entertainment depuis le 18 janvier 2012 en France.
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