Avec John Carter, Disney revient aux origines de la science-fiction, à une époque où le terme même de SF restait encore à inventer. Ne vous fiez pas aux apparences. Sous son allure de jeune homme combattant et bondissant, John Carter est un ancêtre, centenaire depuis cette année ! Créé par le romancier américain Edgar Rice Burroughs, également auteur de Tarzan, John Carter apparaît pour la première fois en 1912 dans le magazine All-Story Magazine. Personnage principal des romans du Cycle de Mars, le film John Carter est adapté du premier volet : Une princesse de Mars (A Princess of Mars), paru en 1917.

L’Histoire : Le film raconte la fascinante histoire de John Carter (Taylor Kitsch), un ancien militaire qui ne veut plus entendre parler de guerre, et qui se retrouve inexplicablement transporté sur Mars, au cœur d’un terrible conflit entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas (Willem Dafoe) et de la captivante princesse Dejah Thoris (Lynn Collins). Dans un monde au bord du gouffre, Carter redécouvre son humanité en prenant conscience que la survie de cette planète et de ses habitants est désormais entre ses mains.

Le principal défaut de John Carter c’est Star Wars. En effet, une grande partie du public devrait trouver au film un air de déjà-vu : un héros qui vient en aide à une princesse prisonnière, ça ne vous dit rien ? Il n’y a qu’à voir cette séquence du film où John Carter, enchaîné, est contraint d’en découdre dans une arène avec des singes blancs gigantesques et peu enclins au dialogue (Voir ici). Au regard de cet extrait, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la séquence de la bataille contre les trois créatures lâchées dans l’arène de Géonosis dans Star Wars, épisode II : L’Attaque des clones (Voir ici).

Mais la raison à cela est simple. George Lucas, de son propre aveu, n’a jamais caché s’être fortement inspiré de l’univers de John Carter et du Cycle de Mars pour imaginer et créer sa saga des Etoiles. Ironie du sort et du calendrier, John Carter, œuvre fondatrice de la science-fiction, aura finalement eu droit à son adaptation au cinéma après la saga de La Guerre des Etoiles. Matrice originelle de la science-fiction, John Carter marque un retour aux sources du genre. Star Wars doit beaucoup à l’héritage légué par John Carter, et non pas l’inverse. John Carter arrive donc-t-il  après la bataille ? Trop tard pour un public qui connaîtrait finalement tout de John Carter avant même d’avoir fait sa connaissance au cinéma ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Passée cette mise au point nécessaire, qu’en est-il du film en lui-même ? Une réussite indéniable ! Stanton réussit en tout point la transposition sur grand écran des aventures martiennes de John Carter. En résulte un grand spectacle de science-fiction à l’ancienne, un planet-opera définitif, un croisement entre Lawrence d’Arabie, La Guerre des Etoiles et Avatar ! Dès l’arrivée de John Carter sur Barsoom, la planète Mars pour les Terriens, le souffle épique du film nous emporte immédiatement dans un tourbillon d’aventures fantastiques. Une invitation bienvenue au rêve et à l’imagination pour petits et grands. L’univers foisonnant et immersif de John Carter se présente à nous avec une étonnante fluidité, grâce à un récit et un montage d’une rare lisibilité.

Le film nous abreuve d’une somme colossale de détails et d’informations : personnages (John Carter, la princesse Dejah Thoris, Tars Tarkas, Sola, Sab Than…), races (les hommes à la peau cuivrée, la horde de guerries Tharks et leurs 4 bras, les puissants et mystérieux hommes chauves : les Therns…), créatures (les grands singes blancs, la monture des Jeddaks : les Thoats, le sidekick du héros : Woola,  sorte de bouledogue  hyper-rapide), lieux (la cité d’Hélium, Kaol, Zodanga : le royaume ennemi de Hélium…), sans pour autant nous faire perdre le fil du récit. Une prouesse de l’écriture, qui rend ainsi le film accessible à tous les publics, des néophytes aux habitués du genre.

Malgré ses 2h20 de film, on en redemande. Impossible d’exploiter en un seul long-métrage le potientiel infini contenu dans le Cycle de Mars. A la fin du film, de nombreuses questions et zones d’ombres restent en suspens. Entre autre, le mystère reste presque entier au sujet des véritables intentions des Therns. John Carter appelle inévitablement des suites. On imagine aisément que Disney envisage déjà de porter sur grand écran les 2 autres romans du cycle de Mars mettant en scène son héros John Carter :  Les Dieux de Mars (The Gods of Mars) et Le Seigneur de la Guerre de Mars (The Warlords of Mars). Reste à savoir si John Carter, au cinéma depuis le 07 mars 2012, rencontrera le succès qu’il mérite, ne serait-ce que pour son immense contribution au cinéma de science-fiction, comme source d’inspiration infinie et intarissable pour tous les cinéastes du genre depuis tant d’années. En 2012, la galaxie lointaine, très lointaine n’est en définitive pas si éloignée que ça, elle est sur Mars !