(Critique) Les Lyonnais : quand le flic Olivier Marchal rencontre le voyou Edmond Vidal !
Très, trop attendu, le nouveau film d’Olivier Marchal, Les Lyonnais, nourrissait les fantasmes les plus fous tant la côte de popularité de l’ancien flic devenu cinéaste était montée en flèche avec ses 2 derniers succès, 36 Quai des Orfèvres et MR73. En s’attaquant au gang des Lyonnais qui sévit dans les années 1970 dans la région lyonnaise, Olivier Marchal tenait là un gros morceau de l’Histoire du grand banditisme made in France. Labellisé « basé sur des faits réels », Les Lyonnais, en salles depuis le 30 novembre 2011, est-il à la hauteur de l’enjeu et de l’attente suscitée ? Ca passe ou ça casse…
L’Histoire : Edmond Vidal, surnommé « Monmon » (Gérarl Lanvin), a grandi dans un camp de Gitans. Il en a retenu le sens de la famille, la loyauté et la fierté de ses origines. Il est resté très proche avec Serge Suttel (Tcheky Karyo), son ami d’enfance avec qui il a été en prison pour un vol de cerises. Monmon et Serge ont ensuite plongé ensemble dans le grand banditisme avant de connaître leurs « heures de gloire » avec le gang des Lyonnais, une bande de braqueurs célèbres au début des années 1970. Mais en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire, l’aventure prend fin. Monmon, âgé aujourd’hui de 67 ans, essaie d’oublier cette période de sa vie. Il s’est retiré des « affaires » et vit avec son épouse Janou (Valeria Cavalli). De son côté, Serge n’a pas changé ses habitudes…
S’inspirant très librement des mémoires d’Edmond Vidal, Les Lyonnais n’a que faire de la reconstitution historique, Olivier Marchal lui préférant un traitement fictionnel pur et dur, se tenant prudamment à l’écart d’un quelconque réalisme documentaire.
Au fond, tous les films d’Olivier Marchal, et Les Lyonnais encore davantage, coulent dans le même moule, celui du cinéma français des années 70, le grand cinéma populaire. Le cinéma de Marchal se confond avec les polars à la Lautner et Verneuil, les dialogues aux petits oignons d’un Michel Audiard et surtout les monstres sacrés Lino Ventura, Jean Gabin et Alain Delon. Ce n’est pas par hasard si ce dernier, alors âgé de 74 ans, fut un temps pressenti dans le rôle d’Edmond Vidal, avant que l’acteur, au grand regret d’Olivier Marchal, décline sa participation en raison de différends sur le scénario. Une décision fort dommageable tant Delon symbolisait à lui seul tout l’héritage de ce cinéma français désormais révolu, mais tant chéri par Olivier Marchal. Par la suite, Gerard Lanvin reprit le flambeau dans le rôle du légendaire Edmond Vidal. Le regretté Bernard Giraudeau devait également jouer dans Les Lyonnais, mais il déclina à son tour l’invitation en raison de ses problèmes de santé. Le film Les Lyonnais lui est d’ailleurs dédié au générique de fin…
Si les films policiers français des années 70 s’inscrivent en héritage dans le cinéma d’Olivier Marchal, certains réalisateurs américains comme Scorsese, Lumet ou Mann pour ne citer qu’eux, trouvent aux yeux de Marchal une résonnance particulière. La référence au Parrain (The Godfather) est une évidence dans Les Lyonnais. Olivier Marchal connaît ses classiques et la séquence familiale au début des Lyonnais est pour ainsi dire calquée sur celle du mariage dans le premier Parrain. Les Lyonnais démarre un peu comme une grande saga familiale, où les sempiternelles coutumes et traditions des gîtans remplaçent celles des siciliens, le patriarche « Mommon » Vidal, interprété par Gerard Lanvin, se substituant au chef de famille Don Vito Corleone, incarné par Marlon Brando.
Sauf que n’est pas Coppola qui veut et Marchal et ses Lyonnais arrivent à peine à la cheville du clan Bettoun, les pieds-Noirs juifs du crime organisé du Grand pardon d’Alexandre Arcady, c’est dire…
Bourrés de flashbacks intempestifs sur les grandes heures des Lyonnais dans les années 70, des origines du gang avec la naissance de l’amitié indéfectible entre Vidal et Suttel, à la fin de l’aventure avec l’arrestation des braqueurs, ces retours en arrière constituent le socle historique du film, et sont censés entrer en résonance avec les événements actuels et les retrouvailles contrariés de Mommon et Serge. Malheureusement, la greffe ne prend pas et la succession des flashbacks ralentit sensiblement le rythme de la narration. En voulant raconter, à l’instar du Parrain 2, 2 histoires en parallèles, Olivier Marchal se retrouve piégé par la durée de son film, seulement 102 minutes, un timing bien trop serré pour donner au récit l’ampleur et l’envergure que nécessite un tel sujet. Olivier Marchal aurait été bien plus avisé de découper son film en 2 volets,
comme cela fut un temps envisagé, et comme l’a pourtant fait Jean-François Richet pour son diptyque sur Mesrine avec Vincent Cassel. Alors, Olivier Marchal aurait eu toute latitude pour réaliser son Il était une fois en Amérique français.
Mais la déception ne s’arrête pas là. Après 3 films passés à sonder l’âme meurtrie de flics dépressifs au bord de la rupture, Olivier Marchal franchit pour une fois la ligne jaune et s’en va scrûter à la loupe les voyoux du grand banditisme. Seulement, là où le passé de condé de Marchal servait et nourrissait ses films d’une certaine authenticité bienvenue, il ne lui est plus d’aucune utilité pour Les Lyonnais. Comme le Mesrine de Richet, Les Lyonnais de Marchal pêche par excès de sympathie et de fascination pour ces personnages de voyous qu’il dépeint. Si Mommon se retrouve dans une situation inextricable, c’est avant tout pour honorer l’amitié et la fidélité envers son vieil ami Serge, incarcéré et dont les jours sont comptés en prison. Comme le souligne la phrase d’accroche de l’affiche du film, « un voyou en sommeil reste un voyou ». Marchal aurait pu ajouter : avec des couilles, un coeur qui bat, une morale et un code d’honneur. Olivier Marchal est certainement nostalgique d’une époque ou même chez les voyous, le respect des valeurs et des principes faisait sens. C’était mieux avant !
Extraits du tournage et reportages ici

j ai vue le film 52 fois et je m en lasse pas il est formidable,olivier marshal est un genie ,bravo a gerard lanvin duval ,merci a delon d avoir refusé le role ,lanvin est trop bon