Il est bien loin le temps où Nicolas Cage, neveu de Francis Ford Coppola, multipliait les rôles à Oscars, irradiant l’écran de son charisme incandescent. Le Sailor, amoureux fou de Lula dans Wild at Heart de David Lynch, le suicide à petit feu de l’alcoolique Ben au côté d’une prostituée paumée dans Leaving Las Vegas, les errances fantomatiques d’un ambulancier dans A  tombeau ouvert (Bringing Out the Dead) de Martin Scorsese, comptèrent parmi ses compositions les plus bouleversantes au cinéma. Mais au lendemain des années 2000, ses choix de films de plus en plus discutables et surtout son besoin incessant de tourner, ont quelque peu entaché le prestige et la côte de l’acteur auprès du public et de la profession. A l’instar de la dernière partie de la filmographie d’un Robert De Niro, celle de Nicolas Cage est clairement descendue d’un cran depuis quelques années. La missive de Sean Penn adressée à son « meilleur ami » Nicolas Cage préfigurait déjà du tournant à 180° de la carrière du bonhomme. En effet, en décembre 1998, Sean Penn déclara au New York Times que « Nic Cage n’est pas un acteur. Il pourrait l’être, mais maintenant il est devenu plutôt… un exécutant ». Cette critique mit un terme à l’amitié entre les deux hommes. Pourtant, à bien y regarder de près, Nicolas Cage a toujours beaucoup tourné à raison de 2 ou 3 films par an, et alterné durant sa carrière blockbusters et films plus exigeants. On ne peut donc s’étonner de retrouver Nicolas Cage en 2009 chez Werner Herzog (Aguirre, la colère de Dieu) dans Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans), entre le remake d’action Bangkok Dangerous des mêmes Oxide et Danny Pang en 2008 et le familial L’Apprenti sorcier (The sorcerer’s apprentice) de Jon Turteltaub en 2010. Ses détracteurs, toujours enclin à charger le bonhomme sur ses frasques capillaires, voient dans ces grands écarts cinématographiques la preuve du cynisme d’un acteur moins regardant sur la qualité des scénarios que du nombre de 0 inscrits sur ses chèques. A l’inverse, les plus fidèles voient en Nicolas Cage un acteur instinctif et libre, amoureux de son métier, dont les prises de risques parfois naÏves et précipitées, sont vites pardonnées par la sincérité de la démarche. Ainsi, son dernier film, Le Pacte (Seeking Justice) (Voir ici) dans les salles françaises depuis le 04 janvier 2012, est le parfait indicateur mesurable de l’état actuel de la carrière de Nicolas Cage. Sans être un chef-d’oeuvre, Le Pacte est un bon thriller paranoïaque surfant sur la vague des vigilantes movies, reposant sur un scénario bien ficelé mais dont le manque d’ambition de la mise en scène tire l’ensemble vers le bas. Le point fort du film reste la performance de Nicolas Cage, intense dans ce rôle de monsieur tout le monde sans histoire, pris dans un engrenage infernal et seul contre tous. Que ce soit dans Le Pacte (Seeking Justice) où plus récemment dans Kick-Ass, Prédictions (Knowing) ou encore World Trade Center, l’acteur impressionne tant il joue chacun de ses films comme si sa vie en dépendait, avec une constance et une rigueur qui forcent le respect. Que le film soit bon ou mauvais, Nicolas Cage reste le même, toujours impeccable. N’en déplaise donc à Sean Penn, Nicolas Cage est un acteur, un vrai ! Ayant récemment joué dans l’inédit Trespass (Voir ici) au côté de Nicole Kidman et réalisé par Joel Schumacher, qui l’avait déjà dirigé dans l’éprouvant 8MM en 1999, Nicolas Cage sera bientôt de retour dans Ghost Rider 2 : L’Esprit de vengeance (Ghost Rider : Spirit of Vengeance), de Mark Neveldine et Brian Taylor, la suite de Ghost Rider, dont voici la bande-annonce en VF ci-dessous, l’un de ses plus gros succès à ce jour au box-office.