Quand j’étais petit, j’attrapais le magazine de Canal+ pour lire les scénarios des films d’horreur et deviner les monstruosités qui pouvaient bien se cacher derrière des titres comme Le jour des morts vivants (Day of the Dead) de George A. Romero ou Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre) de Tobe Hooper. Je souhaitais à tout prix regarder les yeux fermés ces terrifiantes créations du 7eme art interdites au moins de 16 ans. Finalement, Hansel et Grettel (1987) de  Len Talan est le premier film qui m’a terrifié, suivi du monstre dans Les Aventures du baron de Münchhausen de Terry Gilliam. Oui il en faut parfois très peu, la peur est quelque chose de très personnel et évolue avec l’âge.

Génial, le cadavre d'une femme violée - "I saw the débile"

C’est la peur que je cherchais en tremblant devant Alien : Le Huitième Passager (Alien) de Ridley Scott, en pensant quitter la salle durant Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà de Paul W. S. Anderson, ou en cauchemardant après certains épisodes de X-Files : Aux frontières du réel. Plus récemment The Descent de Neil Marshall m’a donné un bon coup de sang.

L’hémoglobine coule dans ces œuvres aux bons moments, pour renforcer la terreur. Par la suite j’ai plongé dans les sanguinolants BrainDead de Peter Jackson, Evil Dead de Sam Raimi, puis me suis gondolé devant Pirahna 3D d’Alexandre Aja. Des tripes, du gore, de l’humour bien lourd et beaucoup de plaisir.

En 2012, on sait s’amuser au cinéma – « The Human Centipede »

Puis ils sont arrivés. Porté par la télé-réalité, l’information spectacle post-11 septembre, la culture médiatique de l’immédiat. Sadisme, voyeurisme, morbidité, torture : Saw, Hostel, The Human Centipede, I saw the devil, Martyrs…  Du gonzo-gore : un décor, des jolies filles, pas de scénario, de l’étalage de viande, un réalisateur qui abuse des gros plans sur les parties les plus trouées et suintantes. Incroyable, j’ai grandi avec Zelda, Steven Spielberg et IAM, ces films malsains ne me ressemblent pas.

Braindead : gore mais rigolo

Autant un porno a sa fonction masturbatoire, autant là je ne comprend pas. Il tabasse la fille dans la cave puis la dépèce vivante (Martyrs), il coud la bouche de l’un avec l’anus de son copain (The Human Centipede), elle éventre son petit ami pour récupérer une clef (saw). Que cherchent ces réalisateurs ?  La création d’une catégorie snuff movie au festival de Cannes ?

Je veux oublier ces films, retrouver le suspense, le gore bon enfant et de bons réalisateurs pour filmer l’horreur…